La vitesse s’achète. Le sens, nous seuls savons encore le donner

On me demande souvent à quoi doit ressembler un dirigeant quand les machines calculent plus vite, écrivent plus vite et, bientôt, décideront plus vite que nous. Et dans cette question j’entends une inquiétude sourde : si l’algorithme me dépasse à chaque virage, à quoi bon me placer à la tête de quoi que ce soit ?

Je crois que nous nous sommes simplement trompés sur ce à quoi nous tenions.

Le leadership n’a jamais été affaire de vitesse de calcul : les tableaux, les procédures et les modes d’emploi s’en chargeaient déjà. Le leadership porte sur ce pour quoi les gens s’assoient à la table. Une machine vous donnera l’itinéraire le plus efficace. Mais elle ne vous expliquera pas pourquoi il vaut la peine de le suivre avec ces personnes-là, et maintenant.

Le dirigeant de demain n’est pas celui qui décide plus vite que l’IA. Cette compétition est perdue d’avance, et tant mieux. C’est celui qui crée un espace de sens — un lieu où le travail cesse d’être une liste de tâches et devient une histoire dont on veut être l’auteur, et non une ligne dans un rapport.

La vitesse s’achète. Le sens, nous seuls savons encore le donner.

Et voici ce que je me demande ce dimanche, et que je vous propose de vous demander : les gens qui vous entourent restent-ils parce qu’ils ne peuvent pas partir, ou parce qu’auprès de vous leur travail signifie quelque chose ?

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